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    Voilà un titre bien stupide, à l’image des hauts faits du grand journalisme que nous allons vous rapporter ici et dont se sont fait l’écho plusieurs journaux français… du Dechavanne pur jus.

     

    Au mois de juin dernier la ministre de l’écologie Ségolène Royal invitée du « petit journal » de canal plus venue parler de son engagement contre le réchauffement climatique, offre un badge au journaliste.

    L’ecstasy sauvera la planète... et nos jeunes !

    «Voilà ça, c’est la mobilisation. Je vous l’offre», clame fièrement Ségolène Royal, tendant le pin’s à Yann Barthès. «C’est la Terre qui retrouve le sourire», Yann Barthes l'interrompt et s’empresse de mettre en avant une des utilisations de ce logo : «Dans les années 90, c’était le logo de l’ecstasy.».

    M. Yann Barthes a une émission à scandales… qui tombent à plat. Le smiley dans les années 80 était surtout l’emblème d’un mouvement musical de l’acid house et de la new beat (qui s’est hybridée avec le premier).

    Pas de quoi en faire un flan donc. D’ailleurs ce logo, serait selon wikipédia (car je n’ai pas d’autres sources pour l’attester) apparu bien plus tôt dans les années 50-60.

    Cela fait des lustres qu’il est présent  un peu partout s’en que l’on s’en émeuve le moins du monde. Pour preuve ? cette pub, en 2013,  pour des contrats d’avenir (c'est-àdire des contrats précaires mal payés) de la Régie autonome des transports parisiens (Ratp). Mon dieu mais quel avenir veut-on pour les jeunes de Paris et sa banlieue ? Devront-ils tous se droguer pour avoir un emploi à la RATP ? Remarquez le sourire de la victime qui semble faire l'apologie de l'ecstasy et dont le visage est coupé juste au dessous du nez pour préserver l'anonymat. Inquiétant !

    L’ecstasy sauvera la planète... et nos jeunes !


     


  • · Karen Finley "Tales of taboo" égérie new beat  

    Par newbeat.invader le 2 Décembre 2012 à 10:42

    Karen Finley est une artiste performeuse, dont les pièces de théâtre et les enregistrements ont été qualifiés d’obscènes.

    Elle a notamment enregistré un titre « Tales of taboo » en 1986 dont des échantillons sont utilisés dans le morceau de S'Express «Theme from S-Express » on peut l'entendre proférer : « Drop that ghetto blaster/suck me off ».

     

    Ses phrases crues ont inspirées la new beat :

    « New beat generation » avec le titre « suck the beat » utilise des échantillons de « Tales of taboo ». « Black kiss » avec le morceau « the orgasm »  reprend quasiment phrase pour phrase de grandes parties du texte de «Tales of taboo», mais ce ne sont pas les échantillons originaux,  ils sont redit ou chantés : «you don’t know what is like to be finger fuck…» «You want to suck my pussy let me suck your dick…» « you don't own me bastard... »...


  • · Remix politique et scotching... 

    Par newbeat.invader dans Accueil le 20 Mars 2013 à 23:20  

    Utiliser des échantillons de discours politiques dans un morceau remonte au moins aux années 70. Au début des années 80, la numérisation du son et l’apparition des échantillonneurs ont rendu encore plus facile l’incorporation de toute sorte de sons [1] , notamment grâce au "time stretching" (modification de la durée d’un son sans en changer la hauteur) et au pitch-shifting (modification de la hauteur d’un son sans en changer la durée).

    Avec le titre de BSR Qui (m'a enlevé)? La new beat initie une nouvelle pratique le « remix politique ».

     "QUI..." se compose d’échantillons de la conférence de presse d’un politicien belge Paul Vanden Boeynants « VDB ». On peut y entend la voix de VBD machinale et saccadée chanter « VVV VDB tu ne vas pas crever ! » qui préfigure très largement le « scotching » [2] .

    BSR crée une ambiance sonore en connivence avec les polars et les James Bond tout en introduisant une narration quelque peu comique tournant à la dérision un VDB qui mène l’enquête : « Qui m’a enlevé ? Si je le savais ce serait facile ».

     La technologie de l’échantillonnage a permis l’émergence d’une nouvelle forme de contestation immédiate et paradoxale : monter les propos de son adversaire pour le « démonter ».

    Ce qu’illustre la riposte rapide des « Bassline Boys » avec le morceau « On se calme » sorti la même année (1989) quelques mois plus tard. Ce morceau est une sorte de droit de réponse à l’émission polémique et médiocre de « Ciel mon mardi » consacrée à l’acid la house et la new beat. En reprenant les mots du camp opposé pour les lui faire dire autrement l’artiste donne à entendre en filigrane ses propres arguments, quitte pour cela à trafiquer les lui faire dire autrement l’artiste donne à entendre en filigrane ses propres arguments, quitte pour cela à trafiquer ses mots et ses phrases. Le discours de l’adversaire subverti, ridiculisé se transforme en parodie contre lui-même.

    [1] [A titre de repère, le site http://www.whosampled.com indique que le discours de Martin Luther King a été inclus dans un seul morceau en 1976 contre 34 à partir de 1984. 

     http://www.whosampled.com/sampled/Martin%20Luther%20King,%20Jr./?sp=1. 

     [2] Terme utilisé par Malto pour qualifier un remix où la prosodie de la voix est manipulée de façon à faire littéralement chanter le politicien 


  • La New beat est un objet relativement insignifiant au regard de la constitution d’un savoir encyclopédique. Il serait particulièrement ridicule de penser qu’une erreur sur un ce sujet entame la crédibilité de Wikipédia.

    En revanche le processus à l’œuvre, celui de la circularité de la construction des connaissances, l’écorne quelque peu.

    Tout le monde peut contribuer à l’écriture d’un article sur Wikipédia, nul ne peut se prévaloir de son statut social pour justifier de la validité de son point de vue. Une telle conception est pleinement en accord avec l’idéal démocratique. Mais, de même que le vote dans une démocratie n’a de valeur qu’avec des citoyens éduqués, la constitution commune d’un savoir encyclopédique suppose des contributeurs formés. Il faut donc des rédacteurs ayant assimilé à minima les règles d’élaboration d’un article encyclopédique ou se formant au cours de leur participation à l’écriture de l’article.

    Cette formation participative est possible avec Wikipédia. Les contributeurs discutent, corrigent, votent… les plus chevronnés viennent en aide aux novices… En conséquences les erreurs sont nombreuses, mais remarquable avantage, c’est une encyclopédie dynamique susceptible de s’amender en permanence. La façon dont les connaissances s’y construisent se veut transparente (cf. notamment l’historique des articles consultables par tous, le rejet des arguments d’autorité, etc.).

    Mais cela ne résout pas tout, voici un des problèmes que j’ai constaté en suivant l’article New beat sur Wikipédia. Il concerne évidemment bien d’autres articles : il s’agit du recyclage intempestif d’informations. L’article New beat sur Wikipédia en est truffé. Le principe est le suivant : des wikipédiens apportent leurs modifications à un article. Celui-ci reste en l’état quelque temps. Puis certains éléments s’avérant erronés sont supprimés. Malheureusement entretemps des sites plus ou moins sérieux cherchant de l’information (parfois au moindre coût et effort) ont puisé dans l’article en question sans discernement pour fournir du contenu à leur site ou écrire un article.

     

    Se présentent alors deux possibilités :

    - l’information erronée E de Wikipédia est copiée par le site Z telle quelle dans son intégralité avec la référence à Wikipédia et la date de récupération de l’information. Cela a le mérite d’être clair.

    - une partie de l’information erronée reprise de Wikipédia est réinjectée avec réécriture dans une page du site Z, sans indiquer la source et la date. Ce deuxième cas est le plus problématique.

    Dans ce deuxième cas l’information va rester là... jusqu’à ce qu’un beau jour un contributeur de Wikipédia, à la recherche d’information sur le même thème, se base sur cette source l’information E trouvée sur le site Z (sans se préoccuper de qui a écrit quoi ou encore des sources de sa source) récupère l’information erronée, en ajoutant de bonne foi en référence le site en question. La boucle est bouclée.

    Wikipédia et la new beat : circularité de la construction des connaissances encyclopédiques.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La New beat est un mouvement musical éphémère parmi tant d’autres. Sa durée et sa localisation sont connues. Les documents sont assez facilement accessibles : voilà donc qui ne devrait pas poser de problèmes pour la constitution d’un article de bonne qualité sur le sujet, et pourtant…

    Ainsi l’utilisation de références à d’articles datés de 2012 voire 2015 consacrés à la new beat et trouvés sur des sites web au détriment des articles de l’époque contribue -t-elle à la réécriture d’une histoire de moins en moins objective concernant ce courant musical.

    La tendance actuelle étant plutôt, sous l’emprise d’un parfum de nostalgie, de s’empresser de l’encenser comme pour s’assurer qu’il est bien mort . En fait  l’accueil réservé par les médias à la new beat n’a pas été à l’époque une vague unanime d’enthousiasme…


  • New Beat : une nation autour d’un rythme (ralenti) Traduction de l’article du New Musical Express du 3 décembre 1988

    New Beat : une nation autour d’un rythme (ralenti)

    Par newbeat.invader dans Accueil le 14 Août 2012 à 12:14

    Traduction de l’article du New Musical Express du 3 décembre 1988 : « New beat : one nation under a (slowed down) groove ». de Richard Noise.

     

    Vous y apprendrez entre autres que la new beat ne provient pas de la "house" mais a pour origine l'"AB music" ; du nom d'une discothèque "l'Ancienne Belgique" à Anvers. L'AB music est une atmosphère sonore mêlant Electronic Body Music (EBM) new-wave et musique de film à 90 100 BPM donc à un rythme déjà ralenti (Contrairement à ce que dit la légende qui voudrait qu'un Dj ait passé par erreur "Flesh" de "A split second" en 33 tours). Ce n'est qu'un peu plus tard que la new beat s'hybridera avec l'acid et la house music.

     New Beat : une nation autour d’un rythme (ralenti).

    Il y eu d’abord, pas dans tout le pays, mais au moins les clubs Londoniens infidèles à l 'Angleterre osant proposer autre chose que des soirées acid. Ensuite tout en haut du classement hebdomadaire des ventes de singles apparurent d’obscurs labels indépendants de dance continentaux. Le meilleur producteur de House Kevin Saunderson commença à s’intéresser à ces disques et Red Rhino à les importer. London records  proposa l’inévitable compilation et chacun sauta sur un vol de la Sabena pour voir les nouveaux talents. Une pulsation disloquée et subsonique bouleverse les oreilles européennes. Ce son c’est la new beat et il vient de Belgique. Belgique ? Bon sang qu’est ce qui se passe là-bas ?

     

    Voici toute l’histoire ou du moins une de ses versions :

    Au début des années 80 l’underground belge flirtait avec quelques lieux dédié à travers tout le pays au diktat de la musique électronique. Il s’agit par exemple de « the Happy house » à Aarscholt, « the Apelier » à Louvain et « On The Beach » à Kortrijk tous diffusaient des imports variées de « Normal » avec « Warm Leatherette », ou « Throbbing Gristle » avec « United », en passant par des groupes tels que « A Certain Ratio », « DAF », « Cabaret Voltaire » ou « Medium Medium ».

    Cette scène limitée au début de la décennie à de petits avant-postes Belges ; tînt bon à Anvers, « l’Ancienne Belgique » d’une capacité de 2000 personnes y ouvrit ses portes. Le fameux, et futur taulard local, DJ Fat Ronnie après de petits clubs comme le Scandals fit son chemin et vint y mixer les titres favoris des banlieues à de la musique de film à titre d’exemple « John Foxx » et « Soft Cell ».

    « Nous ne pensions pas qu’il soit possible de faire bouger 2000 personnes avec ce genre de musique » dit 5 ans plus tard le DJ Marc Grouls. « Nous jouions toujours la musique du top 40, mais l’étincelle était là. Beaucoup de gens venaient à Anvers et ils commencèrent à l’appeler du nom du club AB music ».

    L’inspiration de Fat Ronnie fit boule de neige quand Marc et une poignée d’autres DJ

    écoutèrent à Anvers dans une boutique d'imports US le dernier single "Flesh" du groupe électronique belge « A split second ». En ramenant sa vitesse à celle d’un 33 tours, Marc passa d’un bon morceau euro-industriel à celui d’une splendide épopée mélodramatique qui mit le feu tout l’été dans les boîtes de Londres. Comme le dit Marc « nous commençâmes à parler de « new beat belge ». L’altération de la vitesse se propagea à toute la communauté des DJ belges. Maurice Engelen qui avait contribué à diffuser des groupes comme Modern English, Eyless in Gaza et Josef K s’y intéressa, et créa avec Roland Bellucci le label Antler Records.

    « Les Djs de toute la Belgique jouaient « Flesh » à des vitesses différentes » se souvient Maurice. « Je vis qu’il y avait une ambiance étrange sur les pistes de danse quand ils jouaient le titre, aussi je demandai à Belluci de créer un nouveau titre avec les mêmes ingrédients ».

     En s’associant avec Morton et Sherman, Bellucci produisit un maxi sous le nom « Fruit Of Life » intitulé « Not Afraid To Dance ». « Nous avions travaillé presque un jour et demi sur le titre pour le rendre vraiment prenant » explique Roland. « Il y avait un tas d’effets et de ruptures rythmiques amusants, des tas de choses dingues. Nous partîmes dans des boutiques d’import US faire écouter la démo. Les types de la boutique et deux DJ qui étaient là dirent : « enlevez ça là, cette rupture rythmique ici, enlevez celle-là » « Ainsi je repartis en studio pimenter le tout j’enlevais tous mes petits trucs. Quand on l’a écouté ça cognait juste pendant 6 minutes 30, du début à la fin... mais on c’est dit bon s’ils le veulent ils l’auront comme ça. Nous l’avons sorti et en deux-trois semaines on en a vendu 5000. On n’y croyait pas ! ».

     « Not Afraid To Dance » fut la première sortie de la cinquantaine de maxi produits par le premier label de new beat Subway Records, subdivision de l’ancien label Antler.

    Maurice flaira le succès et commença à chercher d’autres produits de ce type. «  J’ai demandé à quelques autres personnes de ma connaissance de faire quelques disques pour moi- Jade 4U, Dirty Harry, Chris Inger, et Praga Khan. Les ventes pour un groupe obscur signé sur Antler montaient à moins de 1000 copies, mais sur Subway c’était 1500 quasi-instantanément. »

     Cependant l’influence de « Flesh », de Boytronic’s cartonnant en Europe avec « Bryllyant », le hit local du groupe allemand « 16 Bits » « Where are you » vinrent jusqu’aux oreilles toutes proches de musiciens technologiquement plus aguerris. La new beat commença à s'imposer.

     Jo Bogaert, un musicien déjà expérimenté qui a travaillé sur un grand nombre de ballets et pour le théâtre, créa « Nux Nemo » devenant l’été dernier le premier numéro un des titres new beat. Il resta dans le classement 7 semaines établissant une forme viable de chart alternatif.

    Depuis les catalogues des labels indépendants tels que Subway, R&S, Ferrari et Indisc débordent de singles new beat. Certains sont épouvantables d’autres juste valables, mais quand ils marchent ils côtoient les mêmes sommets que Front 242, The Weathermen, et Neon Judgement. Une chose est sure – la new beat se vend comme des petits pains et elle est en train de faire son chemin ici.

     A quoi ressemble le son new beat ?

    Il s’agit de disques au ralenti régulier, avec un basse bien lourde et avec un bruit sourd de grosse caisse ; « new beat is a sparse, relentless Mogodon groove 1».

    Roland Bellucci explique : « Pour nous le tempo est important- le rythme lent entre 90 et 115 battements par minute. Au début nous avons fait un paquet de disques à 90 BPM, ensuite c’est devenu un peu plus rapide ». Pourquoi aussi lent ? Marc Grouls : «  Ici en Belgique nous ne pouvons pas danser sur un titre acid à la vitesse normale- nous n’arrivons pas à suivre parce que nous ne prenons pas de drogues ou quoi que ce soit d’autre ! Tu as juste besoin d’un rythme pour entrer dans une transe, avec peu de mots ce n’est pas difficile, c’est de la dance music ».

    P.W un DJ de SIS radio qui anime avec Sven Van Hees l'émission « Liaisons dangereuses » trouve que j'ai des goûts peu communs. « Tu joues Nitzer Ebb à vitesse normale ? Nous ne le faisons jamais ! A part « Alarm ». Là pour nous c'est la limite absolue. Après il n'y a que de la douleur. Maintenant les gens l'acceptent... tu peux voir la limite reculer toujours un peu plus loin. »

    « Nous mixons vraiment fort » ajoute Bellucci, « comme si nous étions en boîte avec une puissance maximale, nous savons bien que la plupart des morceaux sont diffusés en club ; tu dois te donner au son laisser le son te submerger ». Engelen considère que la new beat est une combinaison d’autres styles de dance. «  Ce qui est bien dans la new beat c'est que les meilleurs ingrédients d'autres styles de dance ont été repris. Ils ont pris la basse de grosse caisse et les anciens et lourds synthés de l'EBM et les sons de l'acid. ».

    « Ce n'est pas comme la scène de Detroit ou de Chicago ou la scène acid londonienne. La new beat est une réaction au disco. Je ne pense pas que la deep house marche en Belgique. La new beat est complètement est sans âme, c'est une musique stérile créée pour danser et rien d'autre. Nous n’avons pas une culture rap ou hip hop ici. La Belgique est assaillie par la France l'Allemagne, l'Angleterre, les USA, tu es bombardé avec tous ces sons HI-NRG de l'Italie, la musique anglaise, nous sommes devenus le creuset de toutes ces formes musicales. Les DJ en ont eu marre et tout d'un coup on a pu entendre Brian Eno « Jezebel spirit » ou « Regiment » de David Byrne, Kraftwerk ou « Death Disco » de PIL (un rythme new beat rare qui s'échange pour environ 150 livres). Tout a été mélangé on en entend tellement. ».

    Bien que la new beat s'enracine dans un passé électronique européen plutôt que dans celui d'une culture noire, elle n'est pas dépourvue d'humour et de sentiments. L'utilisation d'échantillons sonores érotiques quasiment pornographiques et offensant y prépondérante. Quand j'ai abordé ce point la plupart des belges ne voyaient pas où je voulais en venir, se contentant de marmotter quelque chose à propos des complexes sexuels des britanniques que je n'ai pas très bien compris. Peut-être n'y a-t-il pas de traduction pour le mot « sexist ».

     Tout commença avec Subway 001, un projet de Chris Inger et Praga Khan et leur morceau anti SIDA intitulé « I don't do a thing with a thing on my thing ».Maurice de Subway a eu la brillante idée d'en tirer une édition limitée avec un préservatif gratuit.

    «  Nous avions 1000 exemplaires avec un préservatif collé sur la pochette. Des 1000 exemplaires envoyés, nous avons eu 700 retours parce que les gens l'avaient déchiré pour le préservatif ! J'ai dit à Inger et Khan : « Bon nous le referons, mais cette fois vous allez juste mettre les préservatifs sur les couvertures. Sur les 700 repartis en boutique 500 revinrent à nouveau ! ».

    La débauche2 d'échantillons sonores sexy a pris véritablement son envol avec le projet de Morton Sherman et Belucci « Move your ass and feel the beat » sous le pseudo « Erotic Dissidents ».

     Avec du sous- « Village People » accrocheur et monotone le morceau était plus provocateur qu'offensant mais les belges furent choqués et les ventes grimpèrent en flèche. « Quand les ventes s'envolèrent nous devions faire une apparition TV » se souvient Bellucci. « Il n'y avait pas vraiment d' « Erotic Dissidents ». c'était juste une idée dans la tête de Morton. Nous essayâmes d'en donner une style Cicciolina, nous cherchions une fille pour la partie érotique mais c'était très difficile de trouver quelqu'un. Deux jours avant le passage TV nous avions trouvé quelqu'un. Nous avons répété une heure ou deux avant d'aller sur scène. Mais la télévision n'en a pas voulu...». Pas vraiment surprenant à moitié-nus avec leur appareillage bondage et leurs godemichés les « Erotics Dissidents » se regardent difficilement en famille. Jusqu'à ce que leur notoriété les conduisent en haut des classements avec 40 000 exemplaires vendus. La new beat n'avait pas besoin des provocations des « Erotics Dissidents » pour ternir son image. Les média nationaux ignoraient fermement sa popularité laissant son ascension se faire dans l'ombre. Bellucci poursuit : « La scène club est vaste ici, des milliers de personnes partent en boîte toutes les fins de semaine tandis que la radio nationale joue les classiques pop et rock. La presse a mis la new beat en avant quelques mois parce c'est une scène si importante qu'il était difficile d'ignorer plus longtemps. Si tu trouves 50 000 personnes qui achètent un disque sans promo presse ou radio, c'est qu'il se passe vraiment quelque chose. »

    Marc Grouls renchérit : « les radios jouent tout ce qui vient d'autres pays et quelques titres belges qu'ils connaissent principalement de la musique « slagen » flamande c'est vraiment agaçant. « Sound of C » de Confetti's s'est vendu à plus de 56000 exemplaires, 5éme dans le classement pendant des semaines « Ibiza » d' « Amnésia » est 8éme et ils ne sont même pas programmés. Nous devons nous battre contre les média. »

     « Il y a des dizaines de musiciens frustrés qui jouent aux journalistes » dit Bellucci. « En Belgique il n'y a que trois ou quatre journalistes de talent qui font sérieusement leur travail et écoutent les disques. C'est difficile pour eux de voir que nous avons du succès alors qu'à leurs yeux nous ne sommes pas des musiciens. »

    « Beaucoup de ces nouveaux venus arrivent tout de suite en haut des classements » ajoute Engelen. « La radio ne les connaît pas elle les perd de vue. C'est quelque chose qu'elle ne peut pas supporter. JadeU, Morton Sherman et Bellucci travaillent toujours sur plusieurs projets, c'est difficile de les suivre si vous n'êtes pas dedans. ». La presse est la principale récalcitrante pas seulement parce qu’elle ignore la plupart des nouveautés, mais parce que lorsqu'elle daigne s’y intéresser elle les descend impitoyablement. Humo la feuille de chou nationale a ridiculisé tout le mouvement avec un article de 4 pages présentant les « Eroctic dissidents » comme un groupe de 3 vieillards cherchant à violer des petites filles. C’est vraiment de mauvais goût. Suite à la popularité grandissante de la new beat ils ont fait paraître dans chaque grand journal belge l’encart suivant : « Cette semaine dans Humo : New beat hypocrite ou quoi ? ».

     Les disques de Patrick de Meyer de T-99 ne reçoivent pas de critiques dithyrambiques et cela ne le décourage pas : "la Presse n'est pas un gros problème. Je pense que c'est bon pour la new beat - si les gens intéressés par la musique lisent ce genre d'article ils vont acheter plus. Ils écoutent de la musique pour s'échapper de la réalité - il y a toujours un peu d'obscurité et mystère dans cela. La surexposition presse ou TV l'éteindrait. Il y a une certaine tension, un certaine « vaultage ». Cela garde la new beat vivante. »

     Par chance la distribution ne pose aucun problème. Des magasins comme USA import ou Music Man à Ghent remettent à niveau la plupart des DJ du pays.

    « Des milliers d’exemplaires se vendent là » explique Bellucci. « Ils lancent un titre et lentement très lentement ça passe un cap ».

     Dans les deux derniers mois ce franchissement a filtré à l'étranger. De grosses compagnies de disques britanniques lorgnent sur le gâteau :

    Ffrr/London s’est empressé de sortir la compilation « New beat Take One » du label Subway (chroniqué dans le NME de la semaine dernière) sous le titre « Balearic Beat Volume Two », ainsi que « Flesh » aux côtés de « Dirty Harry », « Erotik Dissidents » et « Taste of Sugar ».

     Virgin 10, Jive, MCA, la plupart des labels dance britanniques et bien s’y sont mis. Il y a même une version douteuse de « Flesh » qui s’annonce. Tout cela est venu ébranler l’entente fraternelle, je veux dire depuis quand l’Angleterre se tourne-t-elle vers la Belgique pour la musique ?

    M.Engelen trouve que c’est exagéré. « En début d’année ça décollait j’ai pensé appeler quelques grosses compagnies. Elles n’ont pas manifesté le moindre intérêt. Un an avant si tu imprimais « Made in Belgium » sur la couverture du disque cela pouvait en faire un invendu. Maintenant Jive records me demande si c’est ok pour l’imprimer en couverture ! ».

    Belllucci est plus posé : « Nous étions surpris mais après quelques mois nous nous y sommes habitués. C’est flatteur des maisons de disques qui appellent pour nous demander de remixer tel ou tel mais nous essayons de garder la tête froide ».

     Tout comme les sorties dance britanniques les succès new beat sont venus de labels indépendants.

    « Les morceaux doivent être faits très vite » dit Engelen. « Si une maison de disques fait quelque chose cela prend des semaines pour décider. C’est la force des indépendants- tu réagis directement ».

    « Les maisons de disques sont effrayées » estime Bellucci. « Il y a un tas d’échantillonnage dans ce courant musical. Nous savons que certaines des choses que nous faisons ne sont pas vraiment légales. En outre le phénomène acid en Angleterre les a tenus à l’écart. Les grandes compagnies de disques étaient non seulement craintives mais aussi suspicieuses. Elles voyaient dans les productions belges l’équivalent de celles des labels indépendants anglais, incapables d'anticiper de tels succès de ventes et de classement. »

    « Nous avons eu beaucoup d’enquêtes » nuance Maurice comme l’ont fait Ferrari, USA import et d’autres. Certaines réactions n’ont pas été si négatives. Maurice a reçu des courriers de DJ tels que Mark Moore ; Jellybean apprécie «beat professor » de Morton Sherman et Bellucci, même Frank Zappa écrivit à la louange de Subway records. « Sa lettre était très étrange...il disait que cela sonnait comme James Last jouant Zacharias ! ».

     Cependant c’est dans les clubs que ce courant cartonne le plus. Après le mystérieux départ de Fat Ronnie de l’Ancienne Belgique, trois nouveaux clubs sont passés à l’action : le Prestige à Anvers, le Vertigo à Bruxelles et le Boccaccio à Gand.

    Tous sont des dômes de plaisir sonorisés avec de coûteux et frappants systèmes Haute Fidélité qui vibrent sur le rythme. Dimanche soir au Boccacio c’est le summum de la semaine new beat- ici même le videur a sorti son titre new beat. Porches et BMW alignées devant la splendeur fluorescente de cette boîte d’une capacité de 2000 danseurs, à l’intérieur c’est comme si vous aviez les « Tackheads Sound System » à l’Hippodrome.

     La foule est habillée par des couturiers3 « Six d’anvers » ou « Boy of London » arborant des tee-shirt importés d’Oxford Street « Have a nice trip » ou de mode flamenco. La plupart portent le nouveau modèle épatant de la mode new beat, un sweatshirt lancé par Maurice la semaine dernière. Vendus 8 livres pièces les 600 modèles conçus par Bart Declerq et Indriz Jossa sont partis en un jour.

    A la soirée de la mode samedi à la Rocca, premier venu depuis le déclin du Prestige à Anvers, tout le public arborait ces articles posant pour la TV belge et l’objectif omniprésent du photographe du NME Tim Jarvis.

    De retour au Boccaccio, les boissons sont aussi coûteuses que the threads4 . Ce n’est pas là qu’il faut avoir mal à la tête - même « Oochy Koochy »5 fait trembler les amplis. Le son a une tendance acid mais l’ensemble reste solide fidèle aux pulsations de la grosse caisse.

     Comment cela va-t-il évoluer ? Morton Sherman et Bellucci ont essayé la new beat reggae (« New beat sensation's » « Robbin’ and stealin ») l’opéra («Danse Macabre » « Spirit of Bulgaria ») et des influences plus musique du monde avec leurs disques pour le label « World Today ».

    Le tempo est plus rapide que les 90 BPM d’origine pour être en phase avec l’acid et la trance.

    Marc Grouls crée une atmosphère de musique de film avec « In-D » ... et chaque semaine de plus en plus de new beat remplit les bacs. "À cause du succès chacun veut faire de la new beat" dit Maurice en haussant les épaules. "Tous les types qui se pointaient avec des démos de folk Flamand reviennent en septembre avec de la new beat. Il y a beaucoup de conneries là-dedans."

    Malheureusement les moins scrupuleux ou le marché ont commencé à imprimer leurs propres autocollants, un nouveau logo "New beat : made in Belgium" vient d’être créé.

    C'est cette atmosphère qui a suscité ma visite belge - un mélange de naïveté et la corruption semblable au début des années 60 à l’époque de Larry Parnes.

    L'impression dominante est, cependant celle d’une grande générosité – lors de notre soirée des disques et des vêtements new beat ont été distribués et nous avons rencontré partout un débat enthousiaste.

    Si vous voulez découvrir la new beat pensez à cet esprit.

    Richard Noise

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    Traduction par  New beat invader.

     1) Expression que je n'ai pas réussi à traduire.

     2) En anglais l'auteur utilise le terme « debacle » alors que dans le contexte il veut parler, non d'une débandade, mais bien d'une profusion de ce genre d'échantillons « débauche » est donc le terme le plus adéquat.

     3) L'auteur de l'article parle de « haute couture » alors qu'il s'agit de séries donc de prêt à porter. Aussi j'ai préféré employer le mot « couturier ». Ce qui reste très charitable.

     4) Je ne suis pas sur du sens. L'auteur veut-il plaisanter en disant que finalement consommer au bar est aussi coûteux que de faire la queue pour entrer (autrement dit Time is money ?)

     5) Il s'agit d'un titre de Baby Ford.

    The article in english :

    http://www.martianarts.net/web/culture/culture/110

    http://www.mit.edu/people/mattski/Grid/nation.html

    Article cité sur la page du NME :

    http://www.nme.com/nme-video/2-many-djs---new-beat/1227879263001

    Une interview de DJ Fat Ronnie :

    http://www.djhistory.com/forum/fat-ronny-interview